Satin et plissé

La robe plissée du soir, du plissé soleil au plissé accordéon

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La robe plissée du soir, du plissé soleil au plissé accordéon
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Une robe plissée bouge selon son pli : le plissé soleil s’évase et tourne, l’accordéon rebondit en lignes verticales, le crépon frissonne près du corps. La tenue du pli dépend surtout de la matière. Un polyester plissé à chaud garde sa forme au lavage, une soie plissée la perd à la première averse.

Soleil, accordéon, crépon : trois plissés, trois mouvements

Le plissé soleil part de plis droits très serrés à la taille qui s’élargissent en éventail vers l’ourlet. Pour obtenir cet effet, la jupe est coupée en arc de cercle : les plis rayonnent depuis la ceinture comme les branches d’un éventail. Au moindre pas, le tissu se déploie, et sur une piste de danse il tourne avec une ampleur que peu de coupes égalent. C’est le plissé le plus festif, et aussi le plus volumineux à hauteur des cuisses.

Le plissé accordéon aligne des plis réguliers, de même largeur du haut en bas, qui alternent creux et sommets comme le soufflet de l’instrument. Au repos, la jupe forme une colonne de fines lignes verticales qui allongent la silhouette. En marchant, les plis s’ouvrent puis se referment, avec un léger rebond. Le mouvement reste vertical, plus retenu que celui du soleil.

Le plissé crépon, enfin, n’a rien de géométrique. Il donne au tissu une texture froissée, irrégulière, proche du papier crépon, qui reste près du corps et se déforme très peu. Il ne fait pas de volume : il anime la surface et capte la lumière par petites facettes. Très pratique en voyage, il supporte d’être plié dans une valise sans dommage visible.

D’autres plis existent sur les robes du soir : les plis creux, larges et posés à plat, ou les plis religieuse, horizontaux, qui soulignent un bas de jupe. Ils relèvent davantage de la construction que du plissé au sens strict, réalisé sur toute une surface de tissu.

PlisséConstructionMouvementEffet sur la silhouetteOccasions fréquentes
SoleilPlis en éventail, jupe coupée en cercleAmple, tournantAjoute du volume aux hanchesMariage du soir, soirée dansante
AccordéonPlis parallèles de largeur égaleVertical, rebondiAllonge, affine visuellementGala, cocktail, cérémonie de jour
CréponFroissé irrégulier sur toute la surfaceDiscret, près du corpsNeutre, texture lumineuseDîner, voyage, cérémonie simple
Plis creuxGrands plis aplatis et piquésStructuréMarque la tailleCérémonie de jour

Robe plissée midi ou longue : régler la longueur selon l’occasion

Robe plissée accordéon bleu nuit sur un mannequin de couture, les fines lignes verticales visibles de la taille à l’ourlet

La longueur modifie la lecture d’un plissé plus que celle de toute autre coupe, parce que le pli prolonge le regard jusqu’à l’ourlet. Une robe midi, qui s’arrête entre le genou et la cheville, convient bien aux cérémonies de jour : mariage civil, baptême, cocktail de fin d’après-midi. Elle dégage la cheville, laisse voir la chaussure et se porte sans retenir sa jupe dans un escalier. Sur une silhouette menue, elle évite l’effet de colonne qui écrase parfois une petite taille.

La version longue s’impose pour un dîner habillé, un gala ou une soirée où le carton précise une tenue de soirée. L’usage, sur ces invitations, va vers la robe qui descend jusqu’au sol. Le plissé accordéon long donne alors une silhouette en colonne très allongeante ; le soleil long, plus spectaculaire, demande de l’espace pour s’exprimer et se froisse davantage en voiture.

Une précaution vaut pour les deux longueurs. Un plissé se raccourcit mal. L’ourlet est souvent posé avant le plissage, si bien qu’une retouche oblige à refaire un ourlet roulotté très fin, puis à reformer les plis à la main sur toute la largeur. Mieux vaut choisir la bonne longueur dès l’achat, chaussures aux pieds, que compter sur une retouche.

La longueur midi pose une autre question : celle des collants. Un collant voile chair très fin, ou les jambes nues en saison chaude, accompagnent le mieux un plissé léger. Un collant opaque alourdit le mouvement du pli et convient plutôt à un crépon ou à un plissé de laine en hiver.

Les matières qui gardent le pli

Le pli tient grâce à la chaleur. Le tissu est pressé entre des feuilles de papier plié, puis chauffé : les fibres synthétiques thermoplastiques, comme le polyester, se fixent dans la forme donnée et la conservent ensuite, y compris au lavage. Issey Miyake a poussé cette logique jusqu’au bout avec sa ligne Pleats Please, lancée en 1993 : des vêtements coupés et cousus d’abord, plissés ensuite dans un polyester très fin, qui passent en machine et se roulent en boule sans perdre leur forme.

Les fibres naturelles se comportent autrement. Une soie, une laine ou un coton plissés gardent le pli tant qu’ils restent secs, puis se détendent avec l’humidité, la transpiration ou le lavage. Au début du XXe siècle, l’atelier de Mariano Fortuny plissait la soie selon un procédé breveté en 1909 mais resté mal documenté, jamais vraiment élucidé. Aujourd’hui encore, une soie plissée est une pièce délicate, qui demande un nettoyage spécialisé et, parfois, un passage chez un plisseur pour retrouver sa netteté.

Pour une soirée, trois étoffes plissées reviennent souvent :

  • la mousseline plissée, légère et vaporeuse, qui flotte au moindre pas mais devient transparente quand les plis s’ouvrent ;
  • le satin plissé, plus lourd, dont chaque pli renvoie un filet de lumière, avec les mêmes questions de composition que pour une robe longue en satin ;
  • le lamé ou les jerseys métallisés plissés, plus rigides, qui tiennent un pli très net et brillent sous les éclairages de salle.

Sur une fiche produit, la mention d’un polyester majoritaire est donc plutôt rassurante pour la tenue du pli. Une soie plissée vendue à prix doux mérite une question précise au vendeur sur son entretien.

À l’essayage ou à l’ouverture d’un colis, quelques gestes trahissent la qualité d’un plissé. Les plis doivent être réguliers, de largeur constante, et tomber droit sans vriller vers l’ourlet. Aux coutures de côté, le raccord se fait sans pli écrasé ni pli manquant : c’est souvent là qu’un travail bâclé se repère. Pincez un pli puis relâchez-le : un pli bien fixé reprend aussitôt sa place. Regardez enfin l’ourlet, qui doit rester fin et souple, car un ourlet épais rigidifie le bas et empêche les plis de s’ouvrir. Une doublure trop courte ou trop étroite tire sur la jupe et casse le tombé des plis au niveau des hanches.

Porter le plissé selon sa silhouette

L’endroit où démarre le pli compte autant que le type de pli. Un plissé qui part directement de la taille ajoute du volume aux hanches, ce qui équilibre des épaules larges ou une poitrine généreuse. Un plissé qui démarre sous un empiècement lisse, posé sur les hanches, garde le haut du corps net et ne libère l’ampleur qu’au-dessous. Pour un ventre que vous préférez ne pas souligner, cette seconde construction fonctionne mieux qu’une ceinture serrée au-dessus d’un soleil.

Le haut de la robe équilibre le bas. Un corsage plissé près du corps ajoute de la matière sur le buste, à éviter si la poitrine est déjà forte. Un buste lisse, une encolure simple ou un décolleté en V laissent le plissé travailler seul. Les manches plissées, de plus en plus fréquentes, ajoutent du volume aux épaules : les règles de proportion sont les mêmes que pour une robe à manche bouffante.

La transparence est le piège des plissés légers. Une mousseline plissée paraît opaque sur cintre, parce que les plis superposent plusieurs épaisseurs. Dès que la jupe s’ouvre en marchant, une seule couche reste entre la jambe et la lumière. Vérifiez la présence d’un fond de robe ou d’une jupe de doublure, surtout pour une cérémonie de jour en plein soleil. Si vous cherchez du volume sans cette transparence, les superpositions de tulle obéissent à d’autres règles, présentées dans notre article sur la robe en tulle longue.

Laver, défroisser et ranger une robe plissée sans perdre le pli

Robe plissée soleil couleur rouille suspendue à un cintre dans une penderie, les plis alignés et libres de tout frottement

Le premier réflexe est de lire l’étiquette, puis de la croire. Un plissé synthétique thermofixé accepte en général un lavage à la main à l’eau froide ou tiède, parfois un programme délicat. L’eau chaude et le sèche-linge sont à proscrire : une chaleur supérieure à celle du plissage peut détendre le pli qu’elle a fixé. Les plissés de soie ou de laine passent par le nettoyage professionnel, chez un pressing qui sait les reformer.

Au séchage, la robe se suspend mouillée, sans essorage par torsion, les plis remis en place à la main du haut vers le bas. Leur propre poids les tend pendant qu’ils sèchent. Un séchage à plat, sur une serviette, écrase les plis et les marque de faux plis transversaux.

Le fer est rarement utile et souvent dangereux. Un repassage en travers des plis les efface ; un repassage à plat les écrase. Si un pli s’est ouvert, pincez-le entre les doigts pour le reformer, puis passez un défroisseur vapeur à bonne distance sur un plissé synthétique seulement. Sur la soie, la vapeur détend le pli au lieu de le fixer.

Le rangement suspendu reste la règle. La robe pend librement, sur un cintre adapté à son poids, avec assez d’espace dans la penderie pour que les robes voisines ne compriment pas la jupe. Les modèles à bretelles fines se suspendent par leurs ganses intérieures. Pour un départ en week-end, une ancienne astuce de couturière consiste à rouler la jupe dans le sens des plis et à la glisser dans un bas de nylon coupé, qui maintient chaque pli serré pendant le trajet. Seuls les plissés synthétiques très fins supportent d’être torsadés et noués comme une corde.

Bien choisie, une robe plissée en polyester reste l’une des tenues du soir les plus simples à vivre : elle sort de la valise prête à porter et retrouve sa forme après chaque lavage. La soie plissée, plus belle à la lumière, se réserve à celles qui acceptent son entretien.